Robert Bourgi publie ses mémoires et lève le voile sur la Françafrique

Après des décennies de silence, Robert Bourgi, figure emblématique de la Françafrique, publie ses mémoires intitulés “Ils savent que je sais tout. Ma vie en Françafrique”. Ce recueil d’anecdotes et de révélations, co-écrit avec Frédéric Lejeal et publié par les éditions Max Milo, dévoile les relations cachées entre Paris et ses “régimes amis” en Afrique.

Robert Bourgi - Ils savent que je sais tout. Ma vie en Françafrique

Un acteur clé de la Françafrique

Dans ses mémoires, Bourgi raconte son parcours aux côtés de son mentor Jacques Foccart, architecte des relations franco-africaines, et décrit comment il a servi d’intermédiaire entre les présidents français et de nombreux leaders africains tels que Félix Houphouët-Boigny, Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et bien d’autres. Il partage également les détails des rencontres secrètes avec Laurent Gbagbo, Blaise Compaoré et Mobutu Sese Seko, dévoilant les dessous de la politique étrangère de la France sur le continent.


Pour Robert Bourgi, la “Françafrique” désigne un réseau de relations souvent troubles et incestueuses entre les dirigeants africains et le pouvoir français, destinées à maintenir l’influence de Paris en Afrique. L’avocat révèle notamment comment les valises de franc-CFA servaient à financer les campagnes électorales françaises ou à obtenir des faveurs politiques. Ces pratiques illégales, loin d’être un secret pour les autorités, étaient tolérées pour sauvegarder les intérêts stratégiques de la France.

Un témoignage choc sur France 24

Lors d’un entretien avec France 24, Robert Bourgi a évoqué des confidences surprenantes, affirmant que Nicolas Sarkozy lui aurait dit : « Je vais vitrifier Laurent Gbagbo ». Si le terme “vitrifier” est généralement utilisé de manière métaphorique pour indiquer la volonté d’anéantir politiquement quelqu’un, Bourgi laisse sous-entendre qu’il pourrait également s’agir d’une menace à prendre au pied de la lettre. La distinction reste floue, d’autant plus que l’avocat n’a pas souhaité préciser si cette expression faisait référence à des mesures uniquement politiques ou à une éventuelle action violente.

Ce témoignage relance le débat sur les pratiques de la Françafrique et suscite des interrogations sur l’implication de la France dans les transitions politiques des régimes africains au cours des dernières décennies.

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