Un phénomène à l'origine de 25 % des faillites d'entreprises
La conférence de Yaoundé réunit 21 pays d’Afrique et de nombreux experts du secteur pour discuter des retards de paiement dans les administrations publiques, un problème qui affecte lourdement l’économie de la région. D’après les analyses du Think Tank Altares-Dun & Bradstreet, les retards de paiement sont responsables de 25% des faillites d’entreprises et causent de graves crises de trésorerie.
Cette situation impacte particulièrement le Cameroun, où les retards de paiement dans les administrations peuvent atteindre en moyenne 120 jours au lieu des 90 jours fixés par la norme Cemac. L’accumulation de ces retards entraîne une augmentation de la dette intérieure et limite le développement des petites et moyennes entreprises (PME).
Accroître la compétitivité et favoriser un climat de confiance
Pour les organisateurs, cette conférence est une opportunité de jeter les bases d’une lutte contre les retards de paiement. Les échanges porteront sur plusieurs thèmes, dont la gouvernance, les marchés publics, les partenariats public-privé et le secteur judiciaire. L’objectif est d’accroître la compétitivité des entreprises, d’instaurer un climat de confiance et d’améliorer l’environnement des affaires en Afrique.
En collaborant plus étroitement avec le secteur financier et en mettant en place des réformes, les participants espèrent alléger les conditions de trésorerie des entreprises, favoriser leur croissance et réduire le risque de faillite. La création d’un environnement de paiement sain est perçue comme un levier essentiel pour stimuler la croissance économique et attirer de nouveaux investissements.
Une mobilisation des plus hautes autorités
La conférence se tient sous la présidence du Premier ministre du Cameroun et en présence de plusieurs ministres, dont ceux de la Justice, des Finances et des PME. Ces derniers se pencheront sur les moyens de simplifier les processus de paiement et de mettre en œuvre des réformes structurelles pour réduire les délais de traitement dans les administrations.
Les discussions à Yaoundé font suite aux recommandations du président Paul Biya, qui a récemment appelé à une meilleure gestion des finances publiques. Selon le Ministère des Finances, l’une des solutions passe par l’adoption généralisée du compte unique du Trésor, qui centraliserait toutes les ressources publiques et améliorerait l’efficacité des paiements.
Les conclusions de cette première conférence pourraient marquer un tournant décisif pour l’avenir du secteur privé en Afrique, avec l’espoir d’une réduction significative des retards de paiement et d’une relance du développement économique sur le continent.
0 Commentaires
Commenter cette actualité