Une réponse stratégique à une crise de financement
La décision, prise lors de la COP26 à Glasgow en novembre 2021, de suspendre les financements aux projets pétroliers et gaziers sans capture de carbone, a été un coup dur pour l'Afrique. Avec cette annonce, les compagnies occidentales se sont progressivement retirées, laissant le secteur énergétique africain sans ressources financières suffisantes. Jusqu'à 80% des financements venaient de ces pays avant le gel.
En réponse, les 18 pays membres de l’APPO se sont concertés pour proposer une solution. Leur objectif : créer une banque panafricaine dédiée au financement des projets énergétiques. Ce projet, aujourd'hui connu sous le nom de Banque africaine de l'énergie (BAE), a été soutenu par la Banque africaine d'import-export (Afreximbank), avec un capital initial fixé à 5 milliards de dollars.
Un projet ambitieux qui prend forme
Deux ans après son annonce, la Banque africaine de l’énergie se rapproche de sa concrétisation. Selon le secrétaire général de l’APPO, Omar Farouk Ibrahim, 45% du capital nécessaire, soit environ 3 milliards de dollars, a déjà été mobilisé. Cette somme est un premier pas important pour garantir l'indépendance financière de l'Afrique dans le secteur énergétique, crucial pour son développement.
La 46e session du Conseil des ministres de l’APPO, qui se tient à Yaoundé, pourrait marquer un tournant décisif pour la mise en œuvre de ce projet. Sauf imprévu, les activités de la BAE devraient être officiellement lancées à l'issue de cette réunion. Avec son siège prévu à Abuja, au Nigeria, cette institution devrait combler le vide laissé par les financements européens et nord-américains.
Un enjeu énergétique crucial pour l’Afrique
Face à l’abandon progressif des énergies fossiles par les pays occidentaux, l’Afrique doit s’organiser pour préserver ses intérêts dans ce secteur vital. L’exploitation des richesses énergétiques du continent représente une réelle opportunité de développement pour améliorer les conditions de vie des populations.
La création de la BAE s’inscrit dans cette logique d’autonomie. En permettant de financer les activités pétrolières et gazières sans dépendre des acteurs extérieurs, cette banque vise à garantir la sécurité énergétique de l'Afrique et à renforcer sa position dans le secteur des énergies fossiles.
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