Un débat juridique houleux autour de la candidature de Maurice Kamto
La question de la candidature de Maurice Kamto à la présidentielle de 2025 suscite une intense controverse parmi les experts en droit et les analystes politiques. Le professeur Jean Calvin Aba’a Oyono estime que Kamto peut légalement se présenter, tandis que le professeur Mathias Éric Owona Nguini rejette cette possibilité.
Le débat repose sur l’interprétation du code électoral camerounais, qui prévoit deux voies d’investiture : soit par un parti disposant d’élus, soit par une candidature indépendante avec le soutien de 300 élus et chefs traditionnels. Aba’a Oyono s’appuie sur l’article 15 de la Constitution, qui stipule que tout mandat impératif est nul, pour justifier que les élus représentent l’ensemble du peuple et non uniquement leur parti.
À l’inverse, Owona Nguini réfute cet argument en affirmant que l’article 15-3 de la Constitution concerne uniquement les députés et non les conditions d’éligibilité présidentielle. Il soutient que le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ne pourra pas participer aux élections en raison de sa situation actuelle.
Face à cette incertitude, Maurice Kamto a appelé ses partisans à rester mobilisés, suggérant une possible riposte en cas d’invalidation de sa candidature.
Cabral Libii : “Une coalition n’est pas nécessaire pour battre Paul Biya”
Le leader du PCRN, Cabral Libii, s’est exprimé sur l’avenir politique du Cameroun et la nécessité d’une coalition de l’opposition. Contrairement aux idées répandues, il pense que Paul Biya peut être battu même sans une alliance des opposants.
Lors d’une interview accordée à Albertine Bitjaga, il a pris pour exemple l’élection présidentielle de 2024 au Sénégal, où Diomaye Faye a remporté la victoire face à 16 autres candidats, prouvant que l’unité de l’opposition n’est pas une condition absolue pour vaincre un président sortant.
Selon Libii, Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, devrait se retirer et laisser la place à une nouvelle génération. Il estime que s’il persiste à briguer un nouveau mandat, il risque un échec cuisant en 2025.
Le “règne du 5e âge” : une classe dirigeante vieillissante
Le débat sur l’âge avancé des dirigeants camerounais prend de l’ampleur. Lors de l’émission “10 – 12 Le Zénith” sur Équinoxe TV, le journaliste Cédrique Nding a dénoncé la présence de personnalités politiques âgées aux postes clés du pays.
Il a notamment cité :
- Le président Paul Biya, 93 ans
- Le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, 90 ans
- Le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, 85 ans
- Le président du Conseil économique et social, 83 ans
- Le Délégué général à la sûreté nationale, 93 ans
Selon Nding, cette situation illustre un véritable monde à l’envers, où des dirigeants ayant dépassé l’âge de la retraite continuent d’occuper des postes clés, tandis que les jeunes font face à un chômage massif.
Ce débat relance la question du renouvellement de la classe politique au Cameroun et des perspectives d’un changement générationnel dans les hautes sphères de l’État.
Ce qu’il faut retenir- 🗳️ Présidentielle 2025 : La candidature de Maurice Kamto divise les experts.
- 💡 Cabral Libii : Une coalition de l’opposition n’est pas indispensable pour battre Paul Biya.
- 👴 “Règne du 5e âge” : Les dirigeants âgés toujours en place malgré les appels au changement.
- 📢 Mobilisation : Kamto appelle ses partisans à la riposte si sa candidature est rejetée.
- 🔄 Renouvellement : Un débat national sur la nécessité d’une nouvelle génération politique.
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