Les mises en garde d’Albert Dzongang contre le ministre Atanga Nji
À quelques mois de la présidentielle 2025, le climat politique camerounais est marqué par de vives tensions. Albert Dzongang, conseiller de l'opposant Maurice Kamto, a récemment critiqué ouvertement le ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji. Lors d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Dzongang a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvres visant à influencer le processus électoral » par des arrestations arbitraires.
Il a également déclaré : « Cette fois-ci, vous n’aurez pas assez de place en prison pour arrêter tout le monde », affirmant que le peuple est prêt à « se faire justice ». Ces propos font suite à une mise en garde publique du ministre Atanga Nji, qui avait menacé de représailles certains leaders politiques jugés « véreux ».
Cette escalade verbale a conduit à une convocation de Dzongang par le préfet du Wouri. Ce dernier reproche à l’opposant ses déclarations jugées « irrespectueuses » et ses accusations contre la loyauté de l’armée camerounaise. Lors de cette rencontre, Dzongang a affirmé son attachement à la liberté d’expression et dénoncé ce qu’il perçoit comme une tentative d’intimidation.
Affaire Redhac : Alice Nkom face à la justice
La célèbre avocate et militante des droits humains Alice Nkom, présidente du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), est également au cœur de l’actualité. Elle est convoquée le 7 avril 2025 devant le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo pour une affaire de « bris de scellés ». Les scellés en question avaient été apposés par le sous-préfet de Douala 1er suite à l’interdiction des activités du Redhac par le ministre Atanga Nji.
Dans un message adressé à ses soutiens, Alice Nkom a dénoncé un « vent d’injustice » et réaffirmé son engagement en faveur des libertés. Elle a également fait savoir que cette convocation s’inscrit dans un contexte de répression accrue des droits civiques au Cameroun.
En parallèle, Alice Nkom est accusée par le tribunal militaire de « financement du terrorisme » et de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État ». Ces poursuites suscitent l’indignation au sein des milieux activistes locaux et internationaux.
Une opposition sous pression
Les critiques envers le gouvernement ne se limitent pas aux figures de l’opposition. Cyrille Kemmegne, ancien journaliste, a qualifié Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la Justice, de « parodie de ministre », après que ce dernier ait nié l'existence d'ordures en bordure de route dans toute la ville de Yaoundé, il a insisté sur le fait qu'il n'a jamais vu de déchets sur les routes ni dans son quartier. Selon lui, les dénonciations faites par les populations et les artistes, qui ont pris des photos des bennes à ordures disséminées partout à Yaoundé, ne sont que des fables et des montages.
Dans un texte largement diffusé, il déplore la perte de crédibilité de la fonction ministérielle au Cameroun et fustige l’attitude qu’il juge indigne de certains membres du gouvernement.Alors que les voix s’élèvent contre ce qu’elles considèrent comme une gestion autoritaire, le gouvernement maintient sa position, évoquant la nécessité de préserver l’ordre public et la stabilité à l’approche des élections.
Ce qu'il faut retenir- 📌 Albert Dzongang accuse Paul Atanga Nji de manœuvres politiques visant à exclure Maurice Kamto.
- 📌 Alice Nkom, militante des droits humains, est convoquée pour « bris de scellés ».
- 📌 Cyrille Kemmegne critique vivement le gouvernement et dénonce un manque de dignité ministérielle.
- 📌 Les tensions politiques s’intensifient à l’approche de la présidentielle 2025.
- 📌 Les libertés d’expression et d’opinion, au cœur des préoccupations des opposants et militants.
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